INTERVIEW DE CAROLINE LOEB
Dans notre série « Interviews » comme promis, Val et www.madonnafrance.com accueillent aujourd’hui Caroline LOEB.
Son nom vous dit quelque chose? C’est normal, on a tous chanté un jour ou l’autre l’un des tubes emblématiques des années 80 « C’est la ouate »!!! » « De toutes les matières, c’est la ouate qu’elle préfère…….etc »
Si elle est associée à jamais à ce titre, Caroline LOEB a actuellement une actualité chargée avec son spectacle de music hall intitulé MISTINGUETT MADONNA ET MOI … et un CD de chansons sorti en 2009, CRIME PARFAIT.
N’ayant jamais fait mystère de son admiration pour Madonna qui fait par ailleurs partie de son spectacle, il était naturel de l’inviter afin d’en savoir plus…
-Caroline, tu as fait partie des folles années 80 et tu as assisté à la naissance du « phénomène Madonna » : comment l’as tu perçue ?
Madonna, je l’ai toujours bien aimée. J’ai vraiment percuté quand elle a fait son show aux MTV Awards, en mariée sur « Like a virgin ». C’était très fort. tellement gonflé!
- Pouvait on lui prédire un tel parcours ?
Quand on l’écoutait, non. Ça n’était pas la plus douée. Il y en avait qui chantaient mieux, qui avaient de meilleures chansons, Cindy Lauper par exemple.
Mais justement, je suis convaincue que c’est parce qu’elle avait ce « handicap » vocal à surmonter qu’elle a été obligée d’être plus intelligente, plus créative, plus combative que les autres. Et puis elle a eu tout de suite eu ce sens très fort de la provocation.
Mais quand on lit sa bio, je dirais oui. J’y ai découvert que ce goût de la provocation s’est révélé très tôt. Enfant déjà. Elle a toujours été une battante, avec à la fois le talent de la provoc, et celui de choper les tendances. A New York, elle a été proche de ma copine Maripol, qui faisait partie du « noyaux dur » des branchés du « Village ». Dés le début, elle a eu une intelligence et un instinct infaillibles pour choisir les gens les plus branchés. Un copain à moi l’ a rencontrée au tout début de sa carrière, et m’a raconté qu’elle se présentait en disant « bonsoir! je suis Madonna. N’oubliez pas mon nom. Un jour je règnerais sur le monde! » Elle a donc eu la vision, et le désir très fort et très tôt de cette carrière démente. Et n’a fait que BOSSER avec acharnement pour l’accomplir.-
Quel est pour toi le moment prédominant de la carrière de Madonna ? Pourquoi?
J’aime particulièrement la chanson et le clip « Human nature ». D’abord, le clip de Mondino est exceptionnellement réussi. Elle y est sublime. C’est une grande réussitee. Et puis cette chanson, qu’elle a écrite en réponse aux critiques terribles qui ont accueilli la sortie de son livre « SEX » suivi des mauvaises critiques sur son album « Erotica ». Elle aurait pu se laisser emporter par cette vague de rejet. Elle a tenu tête à ses détracteurs, aux hypocrites, aux conservateurs, avec un culot, une intelligence et une classe folles. Dans la chanson elle dit « Would it feel different if I were a man? » Est ce que vous perceviez les choses différemment si j’étais un homme? La réponse est, évidemment non. Comme femme, elle a été au bout de tous ses désirs avec détermination et courage. Quitte à se tromper et à souffrir comme pour ce désir d’être actrice.
- Dans ton spectacle, qui est un un vibrant hommage au music hall qui t’est cher, tu fais la part belle à Mistinguett, Joséphine Baker, Dietrich…. Mets tu Madonna au même niveau que ces grandes (figures) ? Si oui pourquoi?
Bien sur. Ce qui est fascinant avec les femmes auxquelles je rends hommage (le mot « hommage » est un peu figé, pas comme le show qui est moderne et drôle) c’est qu’elles ont toutes eu cette vision d’elles même très forte. Que ça soit Yvette Guilbert, qui a été la plus grande star du siècle dernier, une star internationale, ou Mistinguett, elles ont eu comme Madonna un sens de la publicité étonnant. Elles ont allié une intelligence supérieure à un sens du marketing à toute épreuve. Leur grand talent, à toutes ces dames, a été de transformer leurs défauts en qualités, d’inventer leurs propres codes et de les imposer dans des systèmes qui étaient, comme toujours, figés, donc hostiles au changement. Sans grande voix, à priori mal barrées pour réussir comme chanteuses, elles ont explosé les codes et se sont imposées avec brio. C’est elles dont on se souvient aujourd’hui. Pas les clones tristes, les « chanteuse à voix » inutiles et conformes. Elles étaient, elles restent absolument uniques. Elles ont, chacune a sa manière, ouvert la voie aux chanteuses d’aujourd’hui. Et lancé un message fort aux petites filles, et aux femmes. C’est possible de choisir sa vie, ses amours. Il ne faut jamais renoncer à exister comme on l’entend. Et sous des dehors glam’ Joséphine Baker et Marlene ont milité pour des causes importantes. Madonna aussi véhicule, à sa manière des messages, parfois un peu naïfs, mais qui existent.
-Ces artistes font désormais partie de la mémoire collective : penses tu qu’on parlera encore de Madonna le siècle prochain?
Evidemment. Madonna, c’est la plus impressionnante! Madonna restera une des plus grandes figures du XXème siècle. Elle aura incarné des valeurs très fortes. La combativité, l’inventivité et la force des images. Elle se fait appeler « the Queen ». Effectivement, à sa manière, elle a élaboré un système qui fonctionne comme un genre de culte de la personnalité. Avec un travail permanent et très efficace de communication. On pourrait presque dire de propagande. Du niveau d’un Andy Warhol. C’est sans doute son principal talent: communiquer.
- Quand on utilise le nom « Madonna » pour un spectacle tel que MISTINGUETT MADONNA ET MOI faut-il demander une autorisation ? As tu eu un retour de son entourage ?
Non. Aucun retour. Mais il est question que je participe à un évènement formidable en juin lié à Madonna grâce au spectacle.. je vous en dirai plus d’ici peu!
- Pourquoi reprendre LIKE A VIRGIN plus qu’un autre titre ? As tu hésité avec un ? Si oui, lequel?
Oui. J’ai hésité. J’avais travaillé Vogue, que j’adore. Puis Laurent Balandras, mon éditeur, m’a envoyé le lien du « Like a virgin » la version du Girlie Show. J’ai adoré. En plus, c’est un hommage à Marlene. C’était évidemment de ça qu’il fallait que je m’inspire. C’était parfait.
- Madonna t’influence-t-elle musicalement aussi? Suis tu toujours autant ce qu’elle fait?
Pas vraiment. Mes influences musicales sont ailleurs. Mais je la suis de très prés. Je suis « junkie » à Madonna. Chaque nouvelle série de photos me scotche. Récemment, j’étais chez un copain qui collectionne les photos de Marlene Dietrich. Il me disait qu’en fait Marlene, c’était ça. Un génie de la photo. Comme modèle. On pourrait dire ça aussi de Madonna. Oui, c’est un génie de l’image. Sa plus grande oeuvre d’art, c’est elle.
Caroline se produit tous les dimanches à 19h au Montmartre Galabru à Paris, le 12 mars à Mondorf les bains au Luxembourg, le 27 mars à Illkirsch près de Strasbourg, et le 22 mars au Casino de Paris dans le « Cabaret de Juliette » aux côtés de François Morel, Agnes Jaoui, Mme Raymonde et bien d’autres
Son CD « Crime parfait » est disponible chez les disquaires.
Vous pouvez la retrouver aussi dans la récente émission que lui a consacré Erwan CHUBERRE dans DIVA SUR CANAPE sur
http://www.publicg.tv/
( PETIT CLIN D OEIL AMICAL A ERWAN… MON CONSEILLER TECHNIQUE FAVORI!! )
| Print article | This entry was posted by Mad74 on 26/01/2010 at 11:38 , and is filed under Interviews. Follow any responses to this post through RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse, ou bien un trackback depuis votre site. |


